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24.10.2009

Visite à Athènes : le feed-back !

Popi est arrivée à 7h05 car elle s'est arrêtée à tous les kiosques entre chez elle et chez moi pour trouver des cigarettes.

(Elle dit qu'elle va arrêter de fumer le 28 octobre, jour de la fête nationale... arrêter, peut-être, mais ne pas recommencer ??? Elle est tellement accro que j'ai du mal à la croire mais bon, on verra, je ne la connais que depuis 2 mois et ne veux pas préjuger de sa volonté !)

Comme j'étais moi-même un peu en retard, je suis partie après avoir avalé un toast sec et bu une tasse de café. Il faisait encore noir et j'ai eu du mal à sortir ma voiture vu que l'essuie-glace arrière est en pièce détachée dans mon coffre et qu'un battant de la grille ne s'ouvre pas complètement (c'est normal, en Grèce).

Deux heures et demie de route jusqu'à Athènes, puis un taxi jusqu'à la rue Akademia. Très sympa, le chauffeur, qui en a ras-le-bol de faire le taxi dans une ville polluée et congestionnée (je le comprends) où il ne gagne rien (15 € pour une course de 45'). Il m'a parlé des ses trois enfants, de sa maison de campagne où ils passent les 3 mois de vacances d'été et où il prendra sa retraite ... dans 20 ans !

Les bureaux de la prestigieuse socité pour laquelle je travaille sont minables! Pauvre Evi, quelle horreur de travailler là !

Je l'ai reconnue tout de suite, à sa voix rauque de fumeuse (et accessoirement, parce qu'elle était la seule dans le bureau).

Elle correspond tout à fait à l'idée que je m'en faisais : jeune, longs cheveux teints ton sur ton brun foncé un peu filasses à force d'être lissées chaque matin, maquillage tragique (fond de teint couvrant, fard à joue trop rouge, yeux fardés d'une ombre à paupières irisée blanche et soulignés de khôl noir, très mince (T. 32-34), chemisier blanc impeccable, large ceinture élastique noire  de 20 cm lui enserrant la taille fine, pantalon noir moulant, chaussures noires vernies à hauts talons (8 cm).

Nous avons été polies et fait semblant d'être ravies de nous rencontrer mais j'ai eu l' immédiate confirmation qu'entre elle et moi, ça ne marchera jamais !

Nous nous sommes mises à la tâche avec la meilleure volonté du monde, je lui ai posé toutes mes questions, fait part de certaines remarques qu'elle a écoutées avec un ennui bien dissimulé. Elle a fumé quelques cigarettes loin de moi, m'a présentée à quelques collègues, on a bu un café et moi je n'arrêtais pas de me demander à quelle heure je pourrais m'enfuir de cette cage. Je lui ai demandé si elle savait si Evangelos, le big boss, allait à la campagne ce WE parce qu'alors, je pourrais profiter de sa voiture... Elle m'a répondu qu'il était en réunion et ne pouvait être dérangé.

Et puis IL est arrivé, parlant fort dans son téléphone, mal rasé, le cheveux long et un rien gras, vêtu d'une chemise et d'un pantalon foncés et frippés.

Elle s'est précipitée sur le réchaud pour lui "cuire" son mini café qu'elle a immédiatement porté dans son bureau d'où il continuait à crier.

Je lui ai demandé s'il pourrait me reconduire le soir autrement je devrais repartir dans trente minutes et nous n'étions encore nulle part, Evi et moi. Il a acquiescé.

Bref, l'après-midi a succédé à la matinée, sans transition. Taille zéro m'a gentiment offert 3 minis feuilletés en guise de déjeuner (c'est trop, c'est trop) et elle a continué à m'expliquer comment je devais utiliser le programme de gestion des biens immobiliers en cliquant à gauche et à droite à toute vitesse et en disant que c'était très facile et très simple et que j'allais comprendre et m'habituer (tu rêves, ma fille ?).

 A un moment, elle m'a dit de parler moins fort parce que "dieu" dormait dans son bureau.

 

STOOOOOP !!!

A quatre heures, j'ai crié grâce : mon système à moi était complètement saturé.

Un peu vexée - mais soulagée aussi - elle s'est retirée dans son bureau exigu d'où elle a passé des coups de fils privés, pendant que moi je lisais mes emails personnels et nous nous lancions des regards ennuyés à travers la vitre qui nous séparait, ne sachant plus très bien quoi faire l'une de l'autre...

Finalement , vers cinq heures, Evangelos m'a dit qu'il partait : the best news of the day!

Je savais qu'il roulait comme un fou et je peux le confirmer : 160 km/h sur la bande d'arrêt d'urgence, se faufiler entre deux voitures qui roulent sur leur bande de circulation, dépasser en montée et dans les tournants tout véhicule le précédant, en poussant sa Cadillac automatique à 6000 tours. I am a survivor.

Il ne parle que peu l'anglais et je connais 10 mots de grec, mais cela ne nous a pas empêchés de parler non-stop, et là enfin, j'ai eu l'occasion de dire tout ce que je pensais de son site, des traductions et du salaire de misère qu'il offrait pour ce boulot frustrant.

Il a pris mon n° de portable et m'a dit de lui envoyer des emails, en anglais, qu'il lirait avec le traducteur automatique de Google (juste après lui avoir dit que ces traducteurs électroniques ne valaient rien).

Ça, il va en recevoir, je vais le submerger, le noyer, l'étouffer de mails de critiques, de remarques, de suggestions... et je vais chercher activement des étudiants car franchement,

je ne suis pas une business woman !